25.06.2008
Turquie : à quoi bon se battre pour un référendum ?
Dans le cadre de la discussion sur le projet de réforme des institution, le Sénat vient de supprimer, à la demande du groupe UMP, l'article rendant obligatoire le référendum pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.
De nombreux personnages politiques condamnent cette nouvelle trahison du parti du Président de la République, qui, évidemment, n'agit sur de telles questions qu'avec son plein accord, sinon en exécution de ses propres consignes.
Mais à quoi bon ? Car de toute façon, preuve est faite qu'un référendum, quel qu'il soit, ne constitue en rien une garantie dans un régime qui n'a de démocratique que le vernis de ses ongles crochus.
Est-il besoin de rappeler, après la double expérience du traité constitutionnel européen (France et Pays Bas en 2005, Irlande en 2008), qu'aux yeux des majorités de droite ou de gauche, en France comme en Europe, n'est réputé acceptable qu'un référendum qui abonde dans leur sens ?
Le référendum n'aurait un intérêt dans notre constitution que si celle-ci obligeait l'executif à en respecter le choix durant un délai équivalent à celui du mandat présidentiel (le référendum n'est-il pas, par excellence, l'expression de la souveraineté du peuple ?) et à en rendre impossible toute forme de contournement (les lois fondamentales en vigueur concernant le sujet soumis à référendum ne pouvant être modifiées durant la même période).
C'est cela la véritable question du référendum dans nos institutions. C'est cela qu'il faut d'abord obtenir de leur réforme.
Sinon, référendum ou non, la Turquie peut déjà considérer son adhésion comme acquise.
Bernard Touchagues
20:05 Publié dans Actualités nationales | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : turquie, europe, adhésion, référendum, institutions, constitution, traité
17.12.2007
Motion Normande contre le Traité de Lisbonne
Communiqué des Élus du Front National de Normandie
Traité de Lisbonne : ce qui a été choisi par le Peuple ne peut être remis en cause que par le Peuple !
Dans une motion d'urgence, nos groupes d'élus régionaux de Normandie appelaient le Président de la République et le Gouvernement à respecter le choix des Français au regard du projet de Traité Constitutionnel Européen.
Ce qui a été choisi par le Peuple ne doit être remis en cause, si nécessaire, que par le Peuple.
Puisqu'une nouvelle mouture de la Constitution européenne a été signée hier, à Lisbonne, par les différents chefs d'État européen, elle doit être à nouveau soumise au peuple plutôt que présentée en catimini au Parlement.
Telle était le sens de cette motion, présentée lundi en Haute-Normandie et aujourd'hui en Basse-Normandie.
Celle-ci a pourtant été repoussée par ceux-là mêmes qui prétendent défendre le peuple. Monsieur Tourret allant jusqu'à avouer, au nom du Parti radical, son hostilité constante au référendum, c'est-à-dire à la démocratie directe. Un comble !
En Haute-Normandie, le Président Le Vern a, quant à lui, refusé de la présenter à l'assemblée !
Le Front National déplore et dénonce une fois de plus, le fait que les partis du système refusent aux Français le libre choix de leur avenir.
Eric Pinel & Bernard Touchagues
Présidents des Groupes Front National de Basse et Haute Normandie
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La Motion d'Urgence, présentée lundi 11 à Rouen et vendredi 14 à Caen
La Normandie demande l'organisation d'un référendum populaire sur le Traité de Lisbonne
Les Conseils Régionaux de Haute et Basse-Normandie,
A. Considérant que le Peuple français, consulté par référendum le 29 mai 2005, a rejeté par une majorité de 54,67 % des suffrages, représentant 15,5 millions de votants, la Constitution européenne ;
B. Considérant qu'en Normandie, le « NON » à la Constitution européenne a atteint 60 % des suffrages exprimés ;
C. Rappelant que ces résultats étaient bien éloignés de la position des parlementaires qui, à l'époque, tous partis politiques confondus, se prononçaient à 92 % en faveur du « oui » ;
D. Considérant que le texte du Traité dit « réformateur », qui doit être signé aujourd'hui, à Lisbonne, ce 13 décembre, reprend l'essentiel de la substance du projet de constitution rejeté par les Français, et que tous les éléments de fond (institutions, modes de décisions, nature des politiques, etc.) qui avaient motivé ce rejet y ont été conservés ;
E. Considérant par conséquent qu'une ratification parlementaire serait contraire aux règles démocratiques et républicaines, et violerait le nécessaire respect du suffrage universel ;
1. Demande au Président de la République et au gouvernement d'organiser un nouveau référendum populaire, pour que les Français puissent librement et directement s'exprimer sur ce texte.
23:05 Publié dans Conseil Régional | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lisbonne, traité, europe, sarkozy, référendum, souveraineté, bruxelles
09.07.2007
Le retour au protectionnisme est inéluctable
Faut-il augmenter les barrières douanières ? Interview de Jean-Luc Gréau, économiste.
Par Grégoire Biseau, Libération du lundi 9 juillet 2007
Etrangement, c’est à la fois la question du débat économique la plus sulfureuse et la moins débattue : faut-il oui ou non recourir à des mesures protectionnistes pour mieux encadrer le commerce mondial ? Tentative d’explication avec l’économiste Jean-Luc Gréau.
Vous êtes un des rares économistes à remettre en cause les effets du libre-échange. Pourquoi ce débat semble aujourd’hui tabou ? Deux raisons expliquent qu’aujourd’hui la contestation du libre-échangisme est devenue une question interdite. Il y a d’abord de la part des hommes politiques une vraie peur de se faire taxer d’extrémisme. Car, aujourd’hui, le Front National et une partie de l’extrême gauche sont les seuls partis qui se déclarent ouvertement opposés à ce système. Ensuite, il y a une pression constante du monde des affaires, et plus encore du secteur financier, à présenter ce débat comme éculé, synonyme d’un archaïsme économique.
Il est difficile de contester que la croissance mondiale est tirée par des puissances comme la Chine et l’Inde, qui se sont intégrées dans le commerce mondial grâce au libre-échange. Le fait que le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine ait augmenté de 93 % depuis le début de cette année est bien le signe que quelque chose ne va pas. Aujourd’hui, l’Union européenne exporte 100 vers la Chine et importe 300 de produits made in China. Aux Etats-Unis, ce rapport est de 1à 6. Dans nos relations avec la Chine, nous ne profitons pas des supposés bénéfices du libre-échange. C’est pour cela que le retour d’un nouveau protectionnisme est inéluctable. Le vrai risque c’est d’attendre trop longtemps que les emplois industriels en Europe aient totalement disparu.
Mais vous risquez de stopper net le développement de ces nouvelles puissances et donc de faire plonger la croissance mondiale. Non. D’où provient la croissance mondiale aujourd’hui ? Un peu des Etats-Unis, mais surtout de l’Asie et dans une moindre mesure de l’Amérique latine. En Chine et en Inde, elle a été alimentée grâce notamment à l’élargissement du processus capitaliste, qui permet à ces pays d’élever leur niveau de compétence et de savoir-faire. Dans ce contexte, les multinationales, en investissement localement, jouent un rôle déterminant dans ce processus de développement. Il ne s’agit pas de remettre cela en question. Le problème c’est que ces nouveaux pays ont choisi un mode de développement qui privilégie la croissance de leurs exportations au détriment de l’énorme potentiel de leur demande intérieure et donc d’un certain progrès social. Je considère que la Chine mène une politique économique impérialiste, dont ni l’Europe, ni les Etats-unis, ni même l’Afrique ne bénéficient. Trois décisions majeures des autorités chinoises viennent d’illustrer cette ambition. D’abord, la création d’une société à capitaux publics pour être capable demain de construire un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et d’Airbus. Ensuite la volonté d’utiliser une partie des immenses réserves de change de la Chine pour investir sur les marchés financiers occidentaux. Enfin la hausse de 30 % des droits de douane à l’importation de certains biens d’équipement pour protéger son industrie nationale. Et pendant ce temps, l’Europe reste inerte.
Concrètement, quelles mesures protectionnistes préconisez-vous ? D’abord, il ne s’agit surtout pas d’envisager un protectionnisme à l’échelle nationale, mais au niveau de l’Union européenne. Or l’UE n’est pas cette union douanière qu’elle devrait être : aujourd’hui le total des droits de douanes ne représente que 2 % de la valeur totale des échanges. C’est trop peu. Il ne s’agit pas non plus de décider d’un tarif commun unique, quels que soient les produits et les pays. Cela n’aurait aucun sens de vouloir par exemple taxer les produits américains. Il faut retrouver les conditions d’une certaine loyauté commerciale. Il s’agit donc de cibler les produits manufacturés en provenance de pays où le différentiel de coûts de production est trop important. Ces barrières douanières seraient par ailleurs une vraie incitation pour améliorer les conditions sociales et salariales des populations ouvrières de ces pays.
Mais à moyen terme, les coûts chinois vont augmenter et les conditions d’échange devraient donc se rééquilibrer. Je ne le crois pas. Les écarts salariaux sont trop importants et la Chine comme l’Inde disposent d’une immense armée de réserve de main-d’œuvre qui leur permet de maintenir une pression constante sur les salaires. D’ici à ce que cet écart soit comblé, disons peut-être dans vingt-cinq ans, l’Union Européenne sera devenue un désert industriel.
Dans l’histoire, quand des pays ont décidé de mesures protectionnistes, cela s’est presque toujours soldé par des crises, voire des guerres. On a souvent accusé le protectionnisme de la crise des années 30. En réalité, la crise était là avant que les mesures protectionnistes ne soient mises en place. Quant au risque nationaliste, cela n’a pas de sens si ce genre de politique est mené à l’échelle de l’Union européenne, un immense marché de 300 millions d’habitants. En revanche, si on ne fait rien, les tentations nationalistes risquent de nous couper définitivement du reste du monde.
Jean-Luc Gréau : Après avoir été lobbyiste au CNPF puis au Medef, Jean-Luc Gréau quitte l’organisation patronale en 2004. A 64 ans, cet auteur de plusieurs ouvrages d’économie (dont L’avenir du capitalisme édité chez Gallimard 2005) dit, aujourd’hui, «ne plus du tout appartenir au grand courant libéral» et défend notamment des positions protectionnistes.
Quelques commentaires :
1 - Une fois de plus le Front National de Jean-Marie Le Pen avait raison avant tout le monde
2 - Le monde des affaires et de la finance, celui du capitalisme apatride est bien celui qui fait et dirige l’Union Européenne dans un seul but mercantiliste.
3 - C’est ce qui explique que « l’U.E. n’est pas cette union douanière qu’elle devrait être » comme le constate J-L Gréau.
4 - L’U.E. ne voulant pas assurer la défense de l’économie et des emplois industriels de ses adhérents, bien est contraire, il est sage de rétablir cette capacité « protectionniste » au niveau des états qui la composent avant « que les emplois industriels en Europe aient totalement disparu ». (Nota : Ce protectionnisme national mis en place selon les principes évoqués par J-L Gréau conduit mécaniquement à des rapports libre échangistes avec un grand nombre des pays de l’Union Européenne dont les économies sont structurellement comparables à la notre)
5 - Il est donc urgent de ne pas livrer notre souveraineté au marchands libre-échangistes qui tirent les ficelles à Bruxelles, contrairement à la politique que mène Sarkozy à marche forcée
10:10 Publié dans Actualités nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc Gréau, union européenne, libre échangisme, traité, sarkozy, délocalisations, chine
07.02.2007
Sarkozy au service d’Angela Merkel
Communiqué de presse de Jean-Marie LE PEN
C’est un tournant dans la campagne : Nicolas Sarkozy a décidé de se mettre au service d’Angela Merkel, et non de la France.
Pour rendre possible le projet allemand de résurrection forcée de la Constitution européenne dès cette année, il abandonne son projet de « mini-traité » et opte pour une reprise du texte qui a été rejeté par les Français. On l’appellera « traité ordinaire » et on le fera ratifier par les parlements nationaux, précise son conseiller Alain Lamassoure.
Nicolas Sarkozy ne tient aucun compte du référendum de 2005. Il se moque de la volonté exprimée démocratiquement par les citoyens. Il y ajoute la dérision d’un changement d’étiquette censé faire passer la pilule.
Il n’est pas candidat à la présidence de la République française, il est l’homme de main de l’européisme destructeur des souverainetés nationales.
23:25 Publié dans Communiqués de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : constitution européenne, traité, sarkozy, élection présidentielle, angela merkel, ratification, lamassoure


