11.12.2009

Le vrai bilan de la majorité socialo-écolo-communiste en région Haute-Normandie

Séance Plénière du Conseil Régional de Haute – Normandie du 07 décembre 2009

Intervention de politique générale de Bernard TOUCHAGUES

Président du Groupe des Nationaux pour l’Identité Normande

 

Monsieur le Président, mes chers collègues.

 

Cette session de notre assemblée est celle du bilan de 6 ans, voir 12 ans de mandat socialo-écolo-communiste à la tête de l’exécutif régional.

 

Vous même, Monsieur le Président, ouvrez cette session et l’éditorial de votre budget primitif 2010 sur une affirmation sensée faire taire toute critique : « dans nos champs de compétence, écrivez vous, notre collectivité peut se prévaloir d’un bilan exemplaire ».

 

Il appartiendra à la campagne électorale de proposer un débat sur cette appréciation de votre action. C’est le jeu de la démocratie.

 

Mais ce jeu serait moins trompeur et finalement plus démocratique si on le pratiquait à partir de données objectives et bien réelles.

 

Or c’est devenu une habitude dans notre pays, à laquelle vous souscrivez les uns et les autres, de priver nos concitoyens de ces données objectives, qu’elles concernent l’immigration, l’insécurité, les déficits, les délocalisations, le chômage, et d’une façon générale, tous les sujets auxquels vous touchez depuis 40 ans et dont les clignotants ont viré les uns après les autres au rouge vif.

 

Pour éclairer nos concitoyens normands, je ferai donc ce petit travail de vérité, confrontant les chapitres de votre autosatisfaction aux conséquences concrètes de votre action sur leur vie quotidienne et réelle.

 

Car, selon votre habitude, vous appréciez votre bilan au montant des sommes dépensés et au nombre de structures administratives ou associatives crées ou soutenues au service de telle ou telle des missions de la région.

 

Mais nous considérons, nous, que le vrai bilan est celui de l’efficacité de ces dépenses pour la population qui les finance de plus en plus chèrement : efficacité en termes de compétences acquises, d’emplois créés, de temps gagné, de qualité de vie et d’économies réalisées.

 

Je m’intéresserai successivement aux compétences strictes de la région.

 

Tout d’abord, l’enseignement et la formation professionnelle :

 

Aujourd’hui 13% de la population âgée de 18 à 65 ans vivant en Haute-Normandie où elle a été scolarisée est illettrée, pour une moyenne nationale de 9%.

 

Ce n’est un succès ni pour l’éducation nationale, ni pour nos collectivités locales.

 

Les statistiques établies sur les jeunes reçus à la JAPD placent la Haute-Normandie en  3ème position des régions les plus illettrées de France après la Picardie et le Nord-pas-de-Calais, le taux d’illettrisme parmi les jeunes de notre région ayant progressé de 15% entre 2004 et 2007.

 

L’adaptation des formations aux marché de l’emploi n’est pas non plus une grande réussite puisque le taux de chômage des jeunes est de 14.9 % après 3 ans de vie active  et celui des jeunes sortant du secondaire est de 21.8% au bout de 3 ans de vie active, ce qui place notre région au 6ème rang des régions les moins performantes sur ces deux critères.

 

Intéressons nous maintenant aux transports :

 

Est-il besoin de rappeler les conclusions de la cour des comptes à ce sujet, révélant qu’une grande partie des sommes englouties dans les TER ne permettent pas d’atteindre les objectifs économiques et écologiques visés.

 

Quand au cadencement ou la façon dont il a été conçu dans notre région, il faut enfin convenir que ce n’est pas une bonne idée et qu’il faut préférer des trains nombreux, rapides, ponctuels et en correspondance, aux heures de pointe à des trains répartis selon des horaires réguliers toute la journée. Pour beaucoup d’usagers du rail, votre région d’avance, ce sont des trains en retard.

 

Les 12 autocollants, excusez du peu, qui ornent certaines voiture de vos nouvelles rames de TER signent ainsi l’échec économique, écologique et social de la politique des transports que vous avez menée.

 

Abordons ensuite la question de l’économie :

 

Vous vous flattez des filières mise  en place. Mais qu’en est-il sorti ?

 

Entre le deuxième semestre 2008 et le deuxième trimestre 2009, le taux de chômage dans notre région est passé de 7.9% à 10.2%, soit près de 30% d’augmentation en un an quand dans le même temps il ne progressait que de 25% au niveau national, ce qui est déjà beaucoup trop, pour atteindre 9.1%. La Haute-Normandie repasse ainsi dans le camps des régions où le chômage touche le plus cruellement la population active.

 

Intéressons nous maintenant à l’équipement du territoire :

 

Dans ce domaine, le rôle de la région a été double : n’être que le banquier des collectivités territoriales de nos deux départements ayant, elles, quelque idée des besoins existants à leur échelle

 

Etre l’opposant systématique à tout ce qui pouvait être envisagé d’intérêt vraiment régional sans apporter de réelles propositions alternatives.

 

Le Vern et sa majorité dans toutes ses composantes, c’est le pouvoir de dire toujours non : non au TGV normand, non au grand canal Seine Est, non au terminal méthanier, non à l’EPR, non à l’aménagement de l’estuaire, non au troisième franchissement… je n’aurai pas la cruauté de dresser une liste exhaustive de ces investissements d’avenir passés aux oubliettes où subissant le handicap de votre désormais légendaire rejet de tout ce qui témoigne d’une réelle vision ou ambition pour notre région.

 

Mais vous vous flattez plus que tout que notre région soit réputée la région la mieux gérée de France.

 

Il faudrait-il préciser qu’il ne s’agit que de gestion financière. Mais ce premier prix est en quelques sorte un trompe l’œil, car votre gestion a bénéficié si j’ose dire, de 12 ans de désinvestissement et de l’héritage des taux d’imposition élevés décidés par vos prédécesseurs. C’est en appauvrissant durablement les Hauts Normands par l’impôt d’aujourd’hui et par l’absence d’investissements pour demain que vous avez enrichi notre institution.

 

Vous présidez ainsi aujourd’hui un Conseil Régional riche, dans une région de plus en plus illettrée, inemployée et déséquipée.

 

Nous sommes donc dans l’obligation de constater monsieur le Président, que vous n’êtes pas le Le Vernix ou le Haut-Normandix que vous souhaitiez apparaître lors de notre session d’octobre, vous comparant à un fameux mais fictif gaulois.

 

Les constats faits précédemment montrent que votre potion magique écolo-socialiste ne protège en rien notre population régionale du déclin programmé par la politique bruxelloise que vous soutenez et appliquez avec zèle, du chaos de la crise du mondialisme qui nous accable, et du sarkozisme anecdotique qui peuple vos discours.

 

Sur ce dernier point, votre aversion politicienne pour le pouvoir national a simplement eu pour triste conséquence de vous faire tourner le dos depuis 6 ans et plus à tout ce qui se trouve à l’est de notre demi-région, c’est à dire à l’hinterland qui en est le premier réservoir de prospérité.

 

Votre dernier combat en la matière concerne la réforme des collectivités territoriales. Je ne prendrai pas la défense d’une réforme dont un des objectifs majeurs est d’instituer définitivement le bipartisme dans notre pays et de tuer la démocratie qui, par définition, ne peut se nourrir que de proportionnelle intégrale.

 

Mais, je dois observer que le concept exclusif et novateur du « 276 » que vous n’avez cessé de nous citer comme un exemple à suivre, ne fait que démontrer la nécessité de coordonner au mieux les interventions régionales et départementales. Alors quelle meilleure coordination peut-il y avoir en la matière que de trouver les mêmes décideurs dans l’une et l’autre de ces collectivités ?

 

Je ne terminerai pas mon intervention sans évoquer le dossier essentiel de notre région divisée, dossier sur lequel vous avez réussi, tel le danseur de slow, à passer d’un pied sur l’autre sans bouger d’un centimètre le corpus de votre opposition.

 

Ne voulant pas d’un référendum en 2004 vous jetiez la balle de la décision dans le camp de l’Etat. Comme  celui-ci l’a prise au rebond, vous êtes aujourd’hui partisan d’un référendum qui, du coup, retrouve toutes les vertus de la démocratie.

 

Cependant, le référendum que vous souhaitez ne porte pas vraiment sur la réunification de la Normandie, mais, je dis les choses franchement à votre place,  sur le choix de sa capitale, sujet dont vous pensez qu’il sera de nature à envenimer le débat au profit d’une division historiquement et culturellement absurde et par ailleurs politiquement, économiquement et socialement nuisible.

 

Il vaut mieux en rire ! A propos, Monsieur le Président, l’Union Européenne dont vous vous faites l’exécutant zélé, est elle installée à Bruxelles, à Luxembourg ou à Strasbourg ?

 

Je vous remercie

 

28.05.2009

FN : sortir de l’illusion…

 

Communiqué de Bernard Touchagues

 

Secrétaire départemental de l'Eure pour le Front National de 1999 à 2009

21 fois candidat proposé ou soutenu par le FN

 

Président du Groupe des Nationaux pour l’Identité Normande au Conseil Régional de Haute Normandie

Conseiller Municipal de Vernon depuis 1995

 

Candidat sur la liste menée par Carl Lang pour l’élection européenne dans la circonscription Nord Ouest

 

 

 

« A ceux qui partagent mes idéaux et croient encore trouver dans le parti des Le Pen un outil de combat politique sincère et efficace, je pense venu le moment de dire clairement en quoi ils se trompent.

 

Ma récente exclusion en deux temps du Front National a été justifiée par :

 

Ma volonté de maintenir l’union des nationaux en région Haute Normande, plutôt que d’être le complice de vengeances personnelles qui depuis 2003 semblent plus importantes pour les dirigeants du FN que toutes autre cause nationale ou locale.

 

Mon refus de me faire localement le porte parole de mensonges haineux concernant Carl Lang et tous les cadres historiques qui ont été exclus ou poussé à démissionner du FN.

 

Mon désaccord parfois publiquement exprimé ces derniers mois sur un certain nombre de positions de fond et de pratiques de gouvernance du FN qui auraient dû faire l’objet de véritables débats internes, notamment après le revers de la  présidentielle de 2007 entraînant la débâcle des législatives.

 

Un parti respectueux de ses militants l’aurait fait.

 

Le Président et la Vice - Présidente Le Pen, premiers responsables du prochain dépôt de bilan du FN s’y sont opposés.

 

Je ne vais pas rentrer dans le détail des discussions que j’ai eues avec eux entre novembre 2008 et mars 2009

 

Je veux simplement faire état ici des certitudes qui sont désormais les miennes, issues de ces discussions, et qui m’ont convaincu que je n’avais plus rien à faire dans ce parti auquel j’étais pourtant fortement attaché pour son histoire et par 16 années de militantisme effectuées dans ses rangs.

 

Ces certitudes sont au nombre de 5 :

 

1 - Un catholique sincère n’a plus rien à faire au F.N.

 

Contrairement à l’illusion entretenue, ce parti ne s’oppose plus véritablement à la culture de mort : renonçant désormais à affirmer le caractère sacré de la vie, il admet que l’on puisse pratiquer l’avortement thérapeutique et l’euthanasie.

 

Il s’avère être de plus en plus sous l’influence de lobbies, y compris internes, dont les objectifs sont d’affaiblir la conception traditionnelle de la famille et d’en faire admettre d’autres formes dévoyées.

 

Il n’est plus un mouvement laïc, mais laïciste. Il n’intervient en faveur des prélats catholiques combattant la décadence que pour réclamer leur libre droit à « l’expression démocratique » mais sans leur reconnaître d’autorité morale.

 

Le travail dominical est pour lui chose admise, selon des critères matérialistes plus inspirés du libéralisme économique que de la doctrine sociale de l’Eglise.

 

2 - Le F.N. a renoncé à des objectifs essentiels et à des débats vitaux pour notre pays

 

Il ne prône plus l’inversion des courants démographiques, mais s’affiche (dans tous les sens du mot) intégrationniste. Or le courant majeur d’immigration qui menace notre pays est désormais « l’immigration endogène » due au fort taux de natalité enregistré parmi les populations issues de l’immigration et jamais assimilées.

 

Il refuse de critiquer l’islam, religion qui dans ses prolongements politiques et sociaux constitue pourtant une menace majeure pour nos libertés, notre identité et l’intégrité de notre territoire national.

 

Il prend le chemin de la lutte des classes prêtant l’oreille à ses recrues trotskistes et communistes de plus en plus nombreuses et oubliant ce qui constitue la tradition française de solidarité entre les classes et de destin national.

 

3 - On ne peut plus admettre un double langage qui n’a d’autre objectif que d’abuser la confiance de militants sincères

 

Le FN ne peut, en Ile de France, reprocher par voie de communiqué, son manque d’assiduité à Valérie Pécresse, et condamner ceux qui reprochent aux Le Pen de ne pas mieux honorer leur mandat à Bruxelles,

 

Le FN ne peut vanter un mode de scrutin «plus démocratique » de l’ensemble de ses adhérents au nom de leur droit à choisir eux-mêmes leurs cadres, et voir son président inverser les conclusions de leur vote comme cela s’est fait lors du dernier congrès de Bordeaux (voir ci-dessous)

 

C’est faire aux adhérents du FN ce que Sarkozy a fait au Français s’agissant du Traité de Lisbonne. C’est prendre pour exemple de démocratie l’élection de Miss France.

 

On ne peut dire en privé que l’on a fait des propositions financières alléchantes à certains cadres démissionnaires et prétendre publiquement qu’ils sont partis pour la gamelle, ce que les Le Pen  ne cessent de répéter s’agissant de Carl Lang

 

4 - Je suis pour la promotion du succès et du travail, non pour celle de l’échec et de l’absentéisme

 

Si la stratégie menée par la vice-président du FN est la bonne…

 

Pourquoi ne défend-elle pas son mandat en Ile de France où elle a œuvré depuis 5 ans ? Cette désertion est un aveu d’échec.

 

Pourquoi le FN a-t-il perdu à Hénin-Beaumont le tiers de son potentiel électoral en l’espace d’un an, entre les législatives et les municipales ?

 

Pourquoi remplacer des élus qui se battent dans les assemblées ou les électeurs les ont envoyés par d’autres qui n’y sont présents que le strict minimum pour toucher leurs indemnités ? (cf. ci-dessous)

 

5 - Je ne veux pas faire la campagne de Jean-Marie Le Pen en 2012

 

Car à ce jour, c’est encore lui qui préside le FN, et qui entent bien en être le candidat national. Ses propos très spontanés m’en ont pleinement convaincus.

 

Les plus grands hommes sont ceux qui ont su a temps céder la place à de plus grands qu’eux encore.

 

CONCLUSION

 

J’avais demandé à Marine le Pen d’envisager une refondation du Front National pour annoncer aux Français la renaissance du mouvement national sur des bases programmatiques claires et dans un esprit d’amitié française retrouvé.

 

Elle n’y a pas prêté attention.

 

Alors cette refondation s’est faite en dehors du parti des Le Pen. Aujourd’hui, le front national, c’est le Parti de la France.

 

Qu’il sache faire sienne cette devise attribuée à Saint Augustin et dont tous les nationaux feraient bien de désormais s’inspirer :

 

“In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas”

16.03.2009

Plaidoyer contre le mépris

Séance Plénière

Conseil Régional de Haute Normandie

16 mars 2009

Débat de politique générale

 

Intervention de Bernard Touchagues

Président du Groupe des Nationaux pour l’Identité Normande

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Permettez au Président du Groupe des Nationaux pour l’Identité Normande de manifester son indignation devant les propos que vous avez récemment tenus devant la presse, s’agissant de la réunification de la Normandie.

 

Comme à l’habitude vis-à-vis de vos contradicteurs, l’essentiel de votre attitude se résume en un seul mot : le mépris.

 

- Prétendant d’abord que « l’argument de la réunification » serait « tenu par ceux qui n’ont rien à dire sauf à l’approche de campagne électorale ». Il est vrai que si vous mesurez le nombre de nos propos à l’échelle des réponses que vous leur apportez, le bilan est maigre. Pourtant, rares sont les occasions comme celle-ci où nous n’avons pas évoqué la réunification normande et appelé à ce que nous en engagions le processus. Mais nous revoici déjà en train d’évoquer le mépris qui caractérise si bien votre façon de considérer les élus du peuple qui ne partagent pas votre vision de la conduite des affaires régionales et nationales.

 

- Prétendant ensuite que la taille n’est pas un argument, citant Malte et l’Estonie… plus petits que nous. Je trouve la comparaison avec une Ile souveraine, distante de plus de 100 km de l’Ile de l’Union Européenne qui lui est la plus proche déplacée. Je le regrette pour Jean Raspail, la Normandie et ses Iles ne sont pas une Patagonie septentrionale et Paris, avant la mise en place du cadencement, n’était qu’à quelques encablures de Rouen.

 

- Quand à l’Estonie, elle fait presque la surface des Pays-Bas, ce qui, vu depuis votre demie Normandie peut paraître petit, mais représente tout de même une fois et demie la superficie de la Région Normande dans sa globalité. Vous voyez bien que nous ne sommes pas trop exigeants finalement.

 

Mais oui, la taille a son importance, Monsieur le Président, et nous verrons aujourd’hui une des graves conséquence du handicap administratif dont vous voulez continuer à pénaliser la Normandie. Votre rapport d’étape du Schéma Régional des Infrastructures et des Transports fera le constat que l’ « Europe des grands corridors ferroviaires de fret européen » «  se dessine à l’écart de la Région Haute Normandie et donc de ses ports, comme le traduisent les programmes d’investissement actés dans le cadre des RTE-T ». En revanche dans le même programme, l’axe ferré de la Baltique traverse l’Estonie de part en part et dessert le port de Tallinn dont le tonnage n’est en rien comparable à celui des ports normands.

 

Mais plus encore que d’une taille critique, une région à besoin de cohérence géographique, historique, culturelle, économique et écologique.

 

J’ai du mal à comprendre comment, vous qui vous êtes fait le promoteur de l’institutionnalisation politique de l’Arc Manche, sur le thème d’une indispensable coordination, autour d’un mer qui met les cotes anglaises à 100 km au mieux des nôtres, vous pouvez sans crainte du ridicule cultiver une division administrative avec des rives dont nous ne sommes séparés que par un modeste estuaire.

 

L’histoire de la Normandie s’écrit de façon cohérente au long d’un millénaire nourrissant durant tout ce temps ses spécificités culturelles. Plus récente pour certains, mais remontant tout de même au début du 19ème siècle, sa cohérence économique est liée à la complémentarité qui fut intelligemment concrétisée entre son arrière pays agricole, ses villes industrielles et sa façade maritime commerciale.

 

L’échappatoire que vous utilisez pour semer le trouble en évoquant une région qui ajouterait la Somme et le Calvados à nos deux départements est révélatrice de votre mépris pour l’identité normande et de votre attitude consistant à tourner le dos à Paris et au cœur de notre pays, au détriment de notre croissance économique.

 

Je l’ai déjà dit, nous en payons les conséquences chaque jour, en particulier dans le domaine des transport et de la valorisation de nos atouts dans l’« inland », national et international. C’est un PIB amputé, ce sont des emplois non créés, ce sont des ressources évadées, que vous ne savez compenser que par la fiscalité.

 

Certes, il y aurait le coût ponctuel de la réunification ; certes, il y aurait la question de la capitale ; certes, il y aurait la disparition d’un exécutif sur deux… c’est bien peu à coté d’une cohérence territoriale structurellement rétablie.

 

Monsieur le Président, la réunification Normande est un impératif politique et administratif. La question n’est plus de savoir s’il faut la réaliser, mais d’identifier avec nos collègues des départements bas normands comment faire tomber les quelques obstacles qui vous permettent aujourd’hui de vous accrocher à un conservatisme destructeur.

 

Je vous remercie.

 

 

06.03.2009

Communiqué du Président du groupe "Les Nationaux pour l'Identité Normande"

La création du groupe « Les Nationaux pour l’Identité Normande » n’est pas une création de groupe technique, comme les représentants du Front National avaient pu en conclure, il y a peu, au parlement européen, avec des élus de tous bords, y compris d’extrême gauche.

 

 

Il est un groupe fondé sur les convictions et l’engagement politique de ses membres.

 

 

Il concrétise la convergence toujours bien réelle des idéaux nationaux et régionaux des six militants nationaux élus en 2004 en Haute-Normandie sur des engagements communs et sous la direction unique de Dominique Chaboche.

 

 

Malgré la crise profonde que connaît le courant national dans notre pays et les conflits partisans qu’organise le système démocratique qui nous oppresse, il est la preuve que l’unité nécessaire au succès de nos idées est aussi possible, si l’on y met l’intelligence, la générosité et la charité indispensables au succès de toute grande œuvre humaine.

 

 

Je remercie mes collègues de m’avoir fait l’honneur de m’accorder une fois encore leur confiance en me nommant à la Présidence de ce groupe symbole d’un véritable espoir d’unité, et j’espère que l’exemple Haut-Normand saura inspirer l’ensemble des nationaux sincères de notre pays.

 

 

Bernard Touchagues

Président du groupe « Les Nationaux pour l’Identité Normande » au Conseil Régional de Haute-Normandie

Conseiller Municipal de Vernon

Secrétaire Fédéral du Front National pour le département de l'Eure

 

13.12.2006

Schéma Régional d'Aménagement du Territoire : comment péréniser les solutions qui ne marchent pas...

Séance pleinière du Conseil Régional de Haute Normandie des 11, 12 et 13 décembre 2006

intervention de Bernard Touchagues, Président du groupe Front National 

 

Monsieur le Président,

 

Il n’y aura pas d’avenir Normand sans Normandie réunifiée.

 

Telle est notre conviction.

 

C’est pourquoi, malgré le change que vous donnez, avec un éditorial bis qui aurait mérité d’être réactualisé dans la dernière version imprimée de votre SRADT, nous ne pouvons vous suivre lorsque vous dites définir avec ce schéma un cadre de référence pour le développement de la Haute-Normandie à l’horizon 2015.

 

Il existe une réalité géographique, historique, démographique, culturelle et économique qui doit être prise en compte.

 

Dans cet éditorial commun avec Philippe Duron, vous reconnaissez la nécessité d’une masse critique pour bien fonctionner dans certains domaines, et de citer : l’enseignement supérieur et la recherche, l’organisation de filières économiques communes, le portage de grands projets d’infrastructures, la sauvegarde des ressources naturelles et de la biodiversité, les dossiers agricoles et touristiques, points de suspension !

 

La question que nous posons est la suivante : une fois cette liste établie, quels sont les domaines qui restent à la dimension de la Haute Normandie sans relever de l’initiative des pays et communautés qui structurent nos régions ? Avouez le : rien !

 

Mettant un point à cet éditorial, vous auriez immédiatement du conclure que la première chose qui s’impose pour une Normandie bien gouvernée, c’est une Normandie réunifiée.

 

Mais défendant votre pré carré, vous avez préféré remuer et faire remuer beaucoup d’air dans votre demi région pour nous proposer quoi ?

 

Une document qui dans sa structure et son fond ressemble à s’y méprendre à celui sur lequel nous avons longuement travaillé au début de cette session, s’il n’était agrémenté de sympathiques photos, de typographies en couleur et allégé de nombreuses pages chiffrées qui rendent souvent indigeste un document budgétaire.

 

Votre Sradt, Monsieur le Président, c’est l’argumentaire de vos budgets annuels de petit gestionnaire des affaires courantes, usurpant les épaulettes de la stratégie et de l’ambition.

 

Partant d’un diagnostic inerte dont les conclusions étaient qu’il fallait valoriser nos atouts, ce que l’on aurait pu conclure à moindre frais, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose que de vous voir nous proposer de continuer à faire ce que vous faites depuis de nombreuses années, sans imagination, mais en dépensant toujours plus et sans vous poser véritablement la question de l’efficacité et de la plus grande pertinence de toutes ces dépenses.

 

Vos 8 axes stratégiques, Monsieur le Président, sont à peu de choses près les 8 fonctions de votre budget, une fois retirés les services généraux et regroupés les fonctions formation et enseignement.

 

Et vos 19 priorités sont la répétition de cette juxtaposition de propositions de dépenses que nous connaissons bien, sans réelle dynamique, sans articulation logique, sans vision d’avenir. Un inventaire à la Prévert, dans lequel chacun trouvera démagogiquement proposition à sa convenance mais dans lequel nous cherchons en vain, comme dans chacun des schémas que vous nous proposez, la cohérence de projet et la vision politique, non pas politicienne et idéologique dans laquelle vous excellez, mais politique au sens noble du terme, c’est à dire science du gouvernement des états.

Ce Sradt ne sera en définitive qu’un outil servant votre politique de Mise sous tutelle de toute activité économique, sociale ou culturelle dans notre demi région. La seule mise en application que vous en avez imaginée dans votre budget 2007 est un appel à projets auprès des collectivités de notre territoire jusqu’à concurrence de 100 millions d’Euro ! Hauts Normands « qui veut des millions, nous savons à quelles conditions idéologiques vous les octroyer ou vous les refuser, mais ne savons qu’en faire » ?

Nous n’avons pas voté votre budget 2007, Monsieur le Président ; nous ne voterons donc pas votre SRADT qui n’en est que le prolongement et veut nous enfermer pour encore 9 ans dans la limite artificielle et étriquée de nos deux départements.

Je vous remercie

 

12.07.2006

Non à la promotion des régimes totalitaires de Chine et d’Algérie par le Conseil Régional de Haute Normandie

 

12 juin 2006

Réunion plénière du Conseil Régional de Haute Normandie

Débat de politique générale

Intervention de Bernard Touchagues

au nom du groupe Front National.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues.

 

Depuis un peu plus de deux ans que siège cette assemblée régionale, nous n’avons pratiquement pas connu une seule séance sans que vous ne trouviez l’occasion de nous rappeler vos initiatives en faveur du développement durable, votre engagement à lutter contre toutes les discriminations, votre soutien aux initiatives de commerce équitable, votre passion pour la démocratie en particulier participative. Autant d’engagements auxquels nous souscrivons volontiers lorsqu’ils demeurent vierge de toute idéologie politique, lorsqu’ils ne sont pas le prétexte à en imposer une, souvent contre la volonté et la liberté des populations, ou lorsqu’ils s’avèrent parfaitement sincères, c’est à dire conçus comme devant être appliqués précisément, sans discrimination.

 

C’est pourquoi je dois vous dire mon étonnement devant la légèreté teintée de mépris que vous avez manifestée lors de deux commissions permanentes récentes lorsque je vous ai alerté sur le choix de certains partenaires économiques pour notre région. Il s’agit vous vous en souvenez de subventions accordées à des entreprises souhaitant développer leur activité avec la Chine dans le cadre d’un salon organisé par les autorités de ce pays, et d’un déplacement de l’un de vos vices présidents visant à développer de nouveaux partenariats avec les autorités Algériennes.

 

S’agissant du premier rapport, croyant connaître vos convictions si souvent réétées, je m’attendais au moins à l’expression de quelques réserves, à une remarque de mise en garde, voire de contrainte sur la nature et la transparence du commerce potentiel, je m’attendais à une invitation à utiliser la subvention sollicitée pour une participation à d’autres salons de ce type ; il n’en manque pas. Il n’en a rien été.

 

Car, faut-il vous le rappeler, Monsieur le Président, le pays avec lequel il s’agit de commercer a toutes les caractéristiques requises pour motiver de votre part une condamnation sans équivoque au regard de son mépris pour les droits de l’homme. Permettez moi juste de citer quelques extraits du dernier rapport d’Amnesty International daté du 7 février 2006 :

 

En Chine dite populaire, il existe 68 "crimes" passibles de la peine de mort, dont 28 économiques. 80 % des exécutions dans le monde ont lieu en Chine. 95 % des organes transplantés en Chine provenant des condamnés à mort exécutés.

 

Malgré la ratification, il y a 15 ans de la Convention contre la torture, celle-ci est encore monnaie courante en Chine. Les membres d’organisations religieuses qui refusent de s’enregistrer officiellement dans les associations gouvernementales font l’objet de détentions arbitraires.

 

Situation dramatique des femmes : des mesures de contrôle des naissances leur sont imposées par contrainte ou par force, les conditions d’avortement (jusqu’au neuvième mois) les mettent en danger.

 

Des manifestants du mouvement de Tiananmen de 1989 sont toujours en prison et les familles des disparus continuent à être harcelées par les forces de police.

 

L’occupation du Tibet et la répression contre la dissidence politique et le droit à la liberté de religion se poursuit. Il en est de même pour la communauté ouïghoure du Xinjiang.

 

Le développement économique de la Chine et son entrée dans l’OMC, entraînent la multiplication d’usines peu soucieuses des conditions de travail souvent dangereuses. Les syndicats libres et indépendants n’existent pas.

 

Mais surtout, des centaines de milliers de Chinoises et de Chinois sont actuellement détenus dans des camps de rééducation par le travail (les laogais– comprendre goulags) ou dans des hôpitaux psychiatriques sans jamais avoir été jugés ou condamnés.

 

Voici, afin que vous ne puissiez pas dire que vous ne saviez pas, les conditions de vie que l’on y connaît :

 

Je citerai juste un témoignage sur le camp de travaux forcés des femmes No.1 à Shangdong : C'est le site industriel de fabrication pour les articles de Shandong Leader Handicraft Articles Co., Ltd. Des femmes de plus de 60 ans y sont forcées de souffrir jusqu’à l’épuisement, travaillant la nuit afin d'accomplir les tâches qui leur sont demandées. Celles qui refusent de travailler sont enfermées à clef dans l’obscurité. Se reposer, dormir, se laver et aller à la toilette est interdit. Les détenues sont forcées de continuer à se tenir debout pendant plus de 20 jours jusqu'à ce qu'elles s’évanouissent. Elles en deviennent gravement handicapées, physiquement et mentalement. Les produits fabriqués sont vendus aux États-Unis, Canada, Chili, Argentine, Union européenne, etc.

 

Est-il besoin d’en dire plus ?

 

S’agissant de l’autre rapport, autorisant un voyage d’une semaine de l’un de vos vices présidents pour " élaborer, en partenariat avec les autorités et institutions algériennes, un premier programme de coopération ", vous avez eu le mauvais goût de nous le présenter le 27 mars, date du dixième anniversaire de l’enlèvement des sept moines trappistes du monastère de Tibéhirine, dont on ne devait retrouver que les têtes deux mois plus tard. Depuis, rien n’a été véritablement entrepris par les autorités pour que la lumière soit faite sur l’identité des ravisseurs.

 

La situation des droits de l’homme est dans ce pays aussi sans appel :

 

Dans le contexte de guerre civile qu’il connaît, l’impunité reste la règle en Algérie : des dizaines de milliers de cas d’homicide, d’enlèvement, de "disparition" et de torture imputables aux forces de sécurité, aux milices armées par l’État et aux groupes armés n’ont fait l’objet d’aucune enquête.

 

Aucune mesure concrète n’a été prise pour faire la lumière sur le sort des milliers de personnes "disparues" depuis 1992,

 

Bien que la torture ait été érigée en infraction pénale et rende ce crime passible de lourdes peines, les autorités rejettent sans la moindre enquête toutes les allégations de torture portées à leur connaissance. La pratique de la détention secrète, qui persiste en violation de la législation interne et du droit international en favorise l’usage.

 

Pour tout traitement de ces crimes, le régime d’Alger a décrété par une " Charte sur la paix et la réconciliation nationale " l’impunité des assassins. Il interdit, sous peine d’emprisonnement, d’évoquer sous quelque forme que ce soit la responsabilité des parties qui ont organisé les violations du droit et ordonné, couvert ou justifié les atrocités commises depuis près de quinze ans. Les parents de victimes, les familles de disparus sont sommées de se taire. Elle n’auront plus le droit de porter plainte.

 

Je vous signale, Monsieur Taleb, puisque c’est de vous qu’il s’agit, que suite à l’application de cette charte, Monsieur Alain Lipietz a posé son nom au bas d’une pétition de protestation de la ligue des droits de l’homme.

 

Je voudrais mentionner encore les provocations récentes de monsieur Abdelaziz Bouteflika, et deux textes majeurs votés tout récemment par le parlement Algérien, l’un dit " d’arabisation " interdisant l’enseignement en langue Française dans les écoles privées algériennes, et l’autre prévoyant jusqu’à 5 ans de prison contre toute personne qui inciterait, contraindrait ou utiliserait des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion.

 

En conclusion, Ce n’est pas un hasard si en 2004, 4000 chinois et 4000 Algériens demandaient aux autorités Françaises de pouvoir bénéficier du droit d’Asile politique sur notre sol. Après la Turquie, mais il est vrai que vous voulez en faire aussi une chance pour l’Europe, ces deux pays sont les deux plus gros pourvoyeurs de réfugiés politiques de la planète.

 

Notre groupe connaît l’importance que peuvent revêtir ces pays pour le développement de notre région. Mais nous savons aussi les crimes inacceptables dont ils se rendent encore coupables et que nous ne pouvons ni tolérer par l’auto censure, ni cautionner par la coopération. Nous pensons avoir au contraire, au Front National le devoir de les dénoncer et de nous y opposer sans faiblesse.

 

Tel n’est pas votre choix Monsieur le Président. Nous ne porterons pas de jugement sur vos motivations réelles. Nous préférons croire que vous êtes au fond de l’impasse dans laquelle 30 ans de mondialisation des gouvernements UMPS nous ont mis. S’ils sont bien ceux que vous prétendez, nous vous plaignons surtout, Monsieur le Président, de devoir ainsi renier vos idéaux par réalisme matérialiste voire mercantiliste

 

Mais vous comprendrez à l’avenir que nous puissions sourire à notre tour lorsque vous essaierez de nous les opposer avec une autorité morale dont nous savons désormais qu’elle n’est que tigre de papier.

 

Je vous remercie

11.07.2006

Contre la précarité, la préférence nationale

19 Mars 2006

Réunion plénière du Conseil Régional de Haute Normandie

 

Débat de politique générale

 

Intervention de Bernard Touchagues

au nom du groupe Front National.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Vous n’ignorez pas, tous ici mes chers collègues, pour en être parfois les auteurs, souvent les colporteurs, et plus encore les auditeurs ravis, à quel point les jugements portés contre les propositions politiques du Front National et contre ses représentants sont caricaturaux. Cela ne fait bien évidemment pas exception en ce qui concerne les questions économiques et sociales pour lesquelles nous sommes souvent injustement et faussement accusés d’ultra libéralisme et soupçonnés d’être des ennemis systématiques de ce que l’on appèle le mouvement social. Je n’ai pas la folie de croire que les quelques gouttes de parole pure qui me sont exceptionnellement accordées dans la discrétion de cet hémicycle permettront de laver les torrents de mensonges boueux qui sont quotidiennement déversés au grand jour par les média nationaux de notre pays. Mais j’entretiens l’espoir, devrais-je déjà dire, l’illusion ? que vous ne serez pas insensibles à quelques remarques qui m’ont été inspirées par la lecture de modestes actualités régionales, ne serait-ce que pour modérer à l’avenir vos jugements sur la réalité et la pertinence de nos opinions.

 

Mon premier commentaire portera sur l’information tombée le 24 février dernier au sujet de la composition de l’équipage du car-ferry " Cote d’Albâtre ". C’est avec une grande satisfaction que je pouvais en effet lire ce jour là que le Président socialiste du Conseil Général de Seine Maritime venait de confirmer à l’union fédérale maritime CFDT que l’équipage du car-ferry serait de nationalité française, la majorité des marins devant même être originaire de Normandie. Grande satisfaction de lire qu’il répondait en cela je cite ma source " à une demande forte des organisations syndicales de marins (la CFDT s’étant dite intransigeante sur cette question), et des élus locaux, notamment communistes ". Permettez-moi de féliciter officiellement ici l’ensemble de ces responsables syndicaux et politiques, qui sur ce dossier ont ainsi été les défenseurs d’une position de bon sens : la préférence nationale, voire régionale à l’embauche, proposition qui constitue un des piliers du programme du Front National depuis 35 ans. Cette exigence des syndicats et élus s’accompagnait d’une autre sur le statut de l’équipage, tout aussi logiquement britannique, lui, du " Seven Sisters " afin de protéger les marins de tout risque de dumping social. Une fois encore, Monsieur le Président, mes chers collègues, un élu du Front National n’aurait pas pris d’autre décision. J’observe au passage, Monsieur le Président, qu’aucune voix ne s’est heureusement élevée dans les milieux de gauche comme de droite, pour opposer à ces décisions telle ou telle réglementation ou déclaration européenne garantissant l’égalité des citoyens devant le droit à l’embauche, ni même la charte contre les discriminations que les institutions politiques du 2-7-6 se flattent d’avoir récemment et solennellement signé.

 

Mon second commentaire portera sur le communiqué qu’une élue socialiste de notre assemblée, Madame Picard, ancienne députée de la 5ème circonscription de l’Eure, a fait publier il y a quelques jours dans les colonnes d’un hebdomadaire vernonnais, sous le titre " Question - réponses sur le CPE ". On peut en effet y lire de sa plume la déclaration suivante, je cite : " Depuis trente ans, des dizaines de dispositifs visant à faire face au chômage des jeunes ont été mis en place, le plus souvent assortis de déductions de cotisations sociales pour les employeurs, sans que le résultat soit probant " fin de citation. Je suis heureux que ce constat soit enfin effectué sur vos bancs, que la réalité de 30 années de politique tout autant socialiste que libérale y soit enfin acceptée sans fausse nuance : 30 ans d’échec pour notre jeunesse, 30 ans d’incapacité à faire de la génération Mitterrand une génération qui trouve un emploi, une vie stable, un avenir rassurant.

 

Le communiqué de Madame Picard s’en prenait au CPE qui semble être aujourd’hui le seul os à ronger des écuries présidentielles de la gauche déchirée. Quel spectacle désolant que celui d’une partie de notre jeunesse, heureusement minoritaire, abusée, encadrée et utilisée comme chair à canon à eau pour le compte de la rue de Solférino ou de la place du Colonel Fabien responsables de 12 des 30 ans d’échecs avoués.

 

Je n’ai pas pour objectif de prendre ici la défense des propositions techniques que sont le CPE et le CNE. Certes, dans le cadre des règles économiques que vos majorités de droite comme de gauche ont imposées à notre pays, ils sont, je crois, des contrats pouvant permettre de freiner, très provisoirement, la hausse du chômage des jeunes. En particulier dans ses dernières formes, qui touchent aujourd’hui les jeunes les plus diplômés dont l’embauche constitue pour de nombreuses entreprises une prise de risque importante, voire périlleuse.

 

Mais le problème du chômage dans notre pays est très précisément imputable à ces règles économiques que vos majorités de droite comme de gauche imposent depuis 30 ans à nos entreprises et à leurs dirigeants, souscrivant l’une après l’autre aux exigences de l’Union Européenne et de l’Organisation Mondiale du Commerce.

 

Disons les choses clairement : on ne peut d’un coté précariser notre activité économique et l’existence de nos entreprises par l’ouverture de nos frontières à toujours plus de concurrence, toujours plus de libre échange, toujours plus d’immigration légale ou clandestine et de l’autre sécuriser l’emploi des travailleurs français par des contrats immuables.

 

Maintenir une température constante chez soi en laissant les fenêtres ouvertes, c’est chose impossible même en consommant une énergie considérable dans son système de climatisation. C’est pourtant ce que vous essayez de faire en France, mesdames et messieurs, depuis 30 ans.

 

Débattre aujourd’hui du CPE, pour le promouvoir ou l’interdire, c’est d’abord avouer que l’on admet les principes de libre échange et de libre circulation des travailleurs qui sont la véritable cause du chômage, et du chômage des jeunes en particulier dans notre pays.

 

C’est pourquoi au Front National, nous disons tout autant non à la précarisation des employeurs qu’à la précarisation des travailleurs, tout autant non à la précarisation de notre activité économique qu’à la précarisation de notre condition sociale parce que de la première dépend la seconde. Les premiers CPE qu’il faut combattre, ce sont les Contrats de Précarisation Economique que représentent les traités de Maastricht et de Nice, les accords de Schengen, et les conférences de Cancun et de Hong Kong.

 

Il est temps de mettre en place dans notre pays une politique intelligente de néo protectionnisme économique et de préférence nationale à l’emploi et à l’aide sociale. Il est temps d’étendre à tous les secteurs économiques le privilège dont bénéficie le secteur culturel par la mise en place de la fameuse exception du même nom ; il est temps d’accorder demain à tous les travailleurs salariés de France la priorité octroyée hier aux marins normands. Que ces exceptions contraires à tant de principes égalitaires si souvent proclamés avec effets de manches ne soient plus bassement motivées par le simple clientélisme électoral. Qu’elles ne soient plus, justement, des exceptions, mais qu’elles deviennent demain la règle, celle de la préférence nationale, qui doit profiter à l’ensemble de nos concitoyens.

 

On entend dire ces jours, qu’un certain nombre de présidents de régions de France, prenant le pas de Madame Ségolène Hollande Royal, envisageraient je cite : " d’écarter des subventions régionales les entreprises qui utilisent la précarité CPE-CNE. " Position éminemment politicienne, car s’il s’agit véritablement de dissuader de l’usage de l’emploi précaire, elle devrait inclure dans ses anathèmes le recours au CDD qui concerne les 2/3 des embauches de jeune et le recours à l’intérim qui va bien au-delà, tout le monde le sait, du simple remplacement de postes passagèrement vacants. Mais une telle honnêteté, madame la prétendante le sait bien, conduirait la région Poitou-Charente, et d’autres à sa suite, à annuler la quasi-totalité des crédits qu’elle alloue à l’économie et à l’emploi.

 

C’est pourquoi, Monsieur le Président, Mes chers collègues, je vous propose ici de réfléchir à des dispositions plus fondamentales, sur la base de mes deux observations initiales.

 

Dans le prolongement de la décision Seinomarine en faveur des marins français de Dieppe, par le biais de nos diverses subventions allouées à l’emploi, au développement et à l’investissement, encourageons chaque fois que possible les entreprises Haut-Normandes à embaucher en priorité des ressortissants français, et si possible normands, à utiliser en priorité des matières premières ou des équipements fabriqués en France sinon en Normandie. Accordons à nos entreprises françaises et normandes un bonus préférentiel dans l’octroi des marchés publics surtout lorsqu’elles respecteront ce principe de préférence nationale dans leur politique d’embauche.

 

Loin de toute idéologie, vous le savez bien, en bon connaisseurs de notre histoire de France et plus encore de celle du Front Populaire, ces propositions sont celles du bon sens, celles de la durabilité et de la croissance économique, celles de la justice et de la paix sociale. Sans elles, avec ou sans CPE, nous ne cesserons de nous enfoncer dans la précarité qui nous conduit inéluctablement à la pauvreté.

 

Je vous remercie.

Pour un véritable schéma régional de développement économique

20 juin 2005

Réunion plénière du Conseil Régional de Haute Normandie

 

Intervention de Bernard Touchagues

au nom du groupe Front National.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues.

Vous proposez ce jour à notre appréciation un projet au titre ambitieux, puisqu’il s’intitule " schéma régional de développement économique ". S’agissant d’un projet, et non du schéma définitif, je ne veux pas vous lasser avec une critique pointilleuse de ce document, mais faire quelques observations portant plus généralement sur son principe et son esprit.

 

Tout d’abord, il me semblerait plus opportun de l’intituler schéma régional de sauvegarde et de développement économique car il ne peut échapper à personne que les fondements de l’économie haut normande s’amenuisent de jour en jour. L’économie de notre région ne peut être porteuse d’avenir quand l’emploi et la valeur ajoutée brute de son secteur secondaire régressent continuellement, au rythme de 3% par an en moyenne s’agissant de l’emploi. Elle ne peut être porteuse d’avenir quand le nombre de ses UTA ou emplois à temps plein agricoles va incessamment passer sous la barre des 10 000 si ce n’est déjà fait. Une économie durable ne peut se restreindre aux seules activités de service et de tourisme.

Il nous semble donc indispensable que cette notion de sauvegarde apparaisse nettement dans la politique mise en œuvre au plan régional et mobilise plus clairement une partie de nos moyens et de nos énergies. Pour affirmer encore cette nécessité, je me permettrai de pondérer l’optimisme de certains passages de votre diagnostic d’autres extraits, tirés de la dernière note conjoncturelle de l’INSEE régional :

Dans l’industrie, malgré une activité soutenue, l’emploi continue à reculer. Le taux de chômage est en très légère baisse au dernier trimestre, mais sur un an, la tendance est à la hausse modérée et se confirme au premier trimestre 2005. "… " La création d’entreprises est un peu moins dynamique même si l’année 2004 a été particulièrement porteuse. Les défaillances progressent plus vite qu’au niveau national. " …" Dans l’industrie, l’emploi salarié continue à régresser conduisant à une baisse de près de 3% sur l’ensemble de l’année. " Les conditions d’accès à l’emploi restent difficiles pour les jeunes et notamment les jeunes employées " " Par ailleurs, le nombre de chômeurs découragés, qui ont cessé de chercher un emploi, est en très forte progression. " " Concernant les entreprises, le rythme de création, en progression ininterrompue depuis 2002, a commencé à s’essouffler au 4e trimestre 2004 et s’infléchit encore de 8% au 1er trimestre 2005. "

 

Loin de mon esprit, Monsieur le Président, l’idée d’imputer ces résultats désastreux aux seules actions ou aux seules inactions de l’établissement régional. Les gouvernements UMP ou PS successifs de la France et la politique économique qu’ils ont conduite depuis trente ans en sont, nous en convenons, les premiers responsables.

 

C’est pourquoi nous nous étonnons de votre zèle s’agissant de ce volet de la décentralisation Raffarin. Vous n’avez en effet pas manqué la moindre occasion d’accuser le pouvoir central de vouloir faire endosser aux régions les errements de sa politique s’agissant des personnels des lycées ou de la formation professionnelle. Avouez qu’il y a de quoi s’étonner de votre mansuétude dans votre introduction à ce projet. Vous vous contentez de souligner, je cite " un bilan de cette expérimentation sera réalisé à l’attention du parlement sans qu’il soit précisé quelle suite pourra être réservée à cette phase expérimentale " ni de plan A, ni de plan B, en quelque sorte ! Je vous cite encore " le texte n’est pas non plus explicite sur le périmètre des aides d’Etat ainsi décentralisées " et plus loin vous parlez des limites et des incertitudes liées à ce texte. Devons nous comprendre que cette fois, vous acceptez d’endosser le désengagement brouillon de l’Etat ? Devons nous comprendre que vous acceptez sans broncher que notre région assume la responsabilité d’apposer l’emplâtre de subventions souvent aussi inefficaces que coûteuses sur la jambe de bois de la politique économique gouvernementale ?

 

Monsieur le Président, la sauvegarde et le développement économique dans notre région, comme dans notre pays, imposent que l’on entende le NON populaire du 29 mai dernier. Ils imposent que l’on rétablisse les frontières pour protéger nos salariés des délocalisations et du dumping social, ils imposent que l’on rétablisse la préférence nationale ou communautaire au commerce et à l’embauche chaque fois que cela est nécessaire à la survie ou au développement de secteurs essentiels à l’équilibre de notre économie. Ils imposent que l’on réduise le montant des charges sociales et fiscales considérables que l’on fait supporter à nos entreprises et dont le monde entier s’étonne qu’elles puissent être aussi mal utilisées. Vous avez été, je crois, partisan du non le 29 mai. Le Président de la république que vous avez élu et son nouveau Premier ministre, à l’encontre de toute la tradition démocratique de notre pays, ne font pas cas du choix exprimé par le peuple. Ce choix ayant trait, pour une grande part, à l’organisation et au fonctionnement de notre économie, nous nous attendions, dans la plus minimaliste des hypothèses, à ce que vous manifestiez d’une façon ou d’une autre votre indignation, votre incompréhension avant d’accepter de faire de notre région le guichet distributeur des gaspis aujourd’hui encore gouvernementaux. Il n’en est rien.

 

Je crois que l’explication de ce phénomène étonnant est simple. Elle réside dans le vice socialiste qui consiste à réduire toute nouvelle politique ou tout nouveau projet, quel qu’en soit le domaine, au seul engagement de dépenses supplémentaires. L’appât de subventions nouvelles à distribuer semble vous avoir fait perdre tout sens critique vis à vis de la politique de votre ex Premier ministre.

 

Car, sous le titre pompeux de schéma de développement économique vous ne nous proposez rien de plus que d’ajouter des lignes supplémentaires à l’inventaire des subventions relevant de la compétence " économique ". Nous ne voyons aucunement dans votre proposition comptant 6 orientations, 21 actions et une centaine de formes de subventions, la réponse à l’attente essentielle des acteurs du développement économique telle qu’elle est mentionnée à la page 12 : " Définir une stratégie régionale de développement économique ". C’est en effet l’étape préalable à toute élaboration de plan d’action, qui, fondée sur des éléments de diagnostic structurés, allant bien au-delà de ceux que vous nous proposez, aurait dû orienter sur quelques axes clairs la politique de développement du territoire régional au sens le plus large. Nous craignons que vous n’ayez eu pour ce faire ni l’ambition, ni, en conséquence la méthode de travail souhaitable, qui ne peut se limiter à la seule consultation des acteurs régionaux dont je ne doute pas de la qualité.

 

Dès lors, vous ne nous proposez qu’une réorganisation des chapitres et des procédures de subventionnement.

 

Laissez moi vous dire, tout d’abord, que nous pensons que dans la plupart des cas, la meilleure façon de subventionner une entreprise, c’est de ne pas lui prélever par l’impôt bien plus que ce que l’on pourra lui reverser après rémunération des associations et autres experts qui interviennent dans des procédures longues et coûteuses en temps improductif. Orienter par la loi le réinvestissement d’une partie des bénéfices d’exploitation vers des investissements de croissance ou de diversification serait à l’évidence, dans la majorité des cas, la meilleure réponse aux besoins de financement des entreprises.

 

En quelques mots, Monsieur le Président, nous ne pouvons vous suivre dans ce nouvel encouragement donné à la subventionnite aiguë qui gangrène notre pays. Néanmoins, dans l’exercice que vous nous imposez dans ce schéma, nous adhérons au concept de simplification de l’accès aux subventions et à une sélection des bénéficiaires dans un esprit " Haute Normandie d’abord ", mais avec deux réserves d’importance : la première, c’est que vous ne pouvez vous empêcher d’annoncer la création de nouveaux organismes régionaux dont les subventions de fonctionnement vont encore détourner une nouvelle tranche de fonds investissables. Votre intention vous donnait plutôt l’opportunité de créer le guichet unique régional regroupant toutes les compétences au lieu de les multiplier et d’en organiser la coûteuse collaboration. La seconde, c’est que vous proposez des mesures contraignantes avec des formules qui montrent votre distance d’avec la réalité du monde économique. Juste un exemple : Vous nous proposez que dès qu’une entreprise bénéficie d’une aide économique régionale, il lui soit demandé de verser sa taxe d’apprentissage, libre d’affectation, à des centres de formation haut-normands. Cela veut-il dire que les nombreuses entreprises du secteur de la papeterie qui bordent nos fleuves et nos ports devront s’interdire de verser leur taxe d’apprentissage à la seule école de papeterie que compte notre pays dans la région Grenobloise ? Ce serait absurde .

 

Pour conclure, Monsieur le Président, après avoir consulté les acteurs de l’économie Haut Normande, il nous semble qu’il reste à la région à faire son travail pour élaborer un véritable schéma de sauvegarde et de développement économique dont elle a réellement besoin, mais dans un esprit nouveau, celui de la productivité. Pour témoigner de votre engagement dans ce sens, vous pourriez par exemple, en page 21, ne plus simplement vous vanter de mettre en place un réel suivi et contrôle du cumul des aides aux entreprises, mais un réel suivi et contrôle de l’efficacité de ces aides en termes de création d’emplois et de valeur ajoutée. C’est ce que nous avons déjà eu l’honneur de vous demander il y a maintenant un an.

 

Je vous remercie.