28.09.2006

Indigènes ?... Français d'abord.

Le Front National de l’Eure se réjouit et s’honore du fait que le Président de la République ait décidé la revalorisation du montant des pensions de guerre des combattants français Indigènes de l’Armée d’Afrique. M. Chirac répond enfin en cela à une demande formulée dès 1986 par le groupe des députés du Front National à l’Assemblé Nationale et à la demande récurrente du vice-président du Front National Roger Holeindre, par ailleurs Président du Cercle National de Combattants.

 

Le Front National regrette toutefois que Monsieur Chirac ait attendu, pour rendre cette justice, la diffusion d’un film mensonger, propre à semer la discorde, là où n’existe que la fraternité d’armes à jamais scellée sous le feu ennemi.

 

Il rappelle également que la « cristallisation » des pensions de guerre des soldats africains ne relevait pas d’une initiative française, mais a été demandée par les gouvernements des pays concernés lors de la proclamation de leur indépendance.

 

Ne dissociant pas le devoir de vérité du devoir de mémoire, il constate que les injustes accusations portées par les porte-parole du film « Indigènes » révèlent un profond désintérêt pour ce qui touche à l’histoire de notre pays.

Non, ces combattants de la France, tirailleurs algériens, tunisiens, marocains, spahis, goumiers, zouaves, turcos, méharistes n’ont pas été interdits (sic) de défilés mais en furent des années durant les vedettes, et ce dès la libération, ce dont témoignent tous les livres d’histoire militaire.

Non, ils n’étaient pas systématiquement envoyés en première ligne ce qui aurait été une absurdité, leurs régiments étant tout simplement engagés selon les règles de la doctrine militaire en vigueur dans les armées de la libération.

Non, les tirailleurs algériens et marocains n’étaient pas des «Arabes» comme l’ânonnent les acteurs du film, mais majoritairement des Berbères.

Non, ils n’ont pas été mobilisés, mais, de 42 à 45, étaient tous volontaires, ce qui n’en est que plus méritoire, soit 173 000 hommes engagés aux côtés de 168 000 européens d’Afrique du Nord dans un même amour pour la mère patrie.  

Non, le prétendu oubli de leur gloire n’a rien à voir avec une quelconque discrimination imputable à la France et aux Français. Il a été voulu et organisé par la subversion communiste sévissant durant et après les guerres civiles d’indépendance.  L’engagement d’un indigène dans l’armée française devant aux yeux des rebelles être considéré comme une haute trahison justifiant les crimes les plus horribles, dont seront victimes des dizaines de millier de harkis et de supplétifs indochinois.

Cette reconnaissance de la Patrie à ses combattants, matérialisée de nouveau par la décision du Président de la République, est donc une grande victoire des  défenseurs de la Nation et du souvenir de l’Empire français. Mais notre mémoire n’est en rien sélective. Aux combattants de 39-45, nous associons tous les autres. En particuliers les soldats des guerres civiles d'indépendance engagés aux cotés des métropolitains et européens d'Afrique et les 150.000 Algériens, 40.000 Tunisiens, 14.000 Marocains, 43.000 Indochinois, 34.000 Malgaches et 135.000 Africains noirs de la VIème armée engagés à partir de 1917 sur le Chemin des Dames d’où 100 000 ne sont jamais revenus. Gloire leur en soit à jamais rendue.

 

Bernard Touchagues

 

18.09.2006

Rétablir la vérité sur l'esclavage

" Dans l'histoire de l'humanité, l'esclavage est une blessure. Une tragédie dont tous les continents ont été meurtris. Une abomination perpétrée, pendant plusieurs siècles, par les Européens à travers un inqualifiable commerce entre l'Afrique, les Amériques et les îles de l'Océan indien… ". Jacques Chirac, le 30 janvier 2006.

Une fois de plus, en ce début d’année, Monsieur Chirac faisait preuve d’une lecture pour le moins sélective de l’histoire du monde pour sombrer dans une de ses crises de repentose aiguë. Pour l’honneur de nos pairs et notre fierté d’être Français, rétablissons la vérité.

" La traite n’est pas une invention de l’Europe ", disait l’historien Fernand Braudel. Avec raison puisque les premiers trafiquants d’esclaves noirs ont été… africains. Il y a plus de 3500 ans, en effet, les souverains de l’ancienne Egypte s’approvisionnaient en esclaves auprès des trafiquants noirs du Soudan. Ce trafic interne à l’Afrique n’a plus cessé jusqu’au XXème siècle.

Une autre traite, dite " orientale ", s’est développée à partir du VIIème siècle, dirigée par les musulmans, notamment ceux originaires d’Arabie. A cette époque pendant laquelle ils conquièrent l’Afrique du Nord, ils avaient besoin d’esclaves pour en faire des soldats, des domestiques et des paysans. Ils vont les acheter en Afrique noire. Ces traites africaines et orientales vont se poursuivre pendant treize siècles.

La traite européenne fut pratiquée au XVIIème et XVIIIème siècle. On estime que la traite d’esclaves africains noirs a touché plus de 40 millions de personnes en quatorze siècles. Dont 11 millions déportés par les Américains et Européens (parmi lesquels 1.4 millions par des Français) vers les champs de coton et de canne à sucre des Amériques entre 1519 et 1867, 17 millions déportés par les musulmans vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient entre les années 650 et 1920, et 14 millions victimes d’un commerce pratiqué par les Africains eux-mêmes pour leurs besoins propres jusqu’au début du XXème siècle.

La traite européenne cessant à la fin des années 1860 (1848 en ce qui concerne la France), la traite africaine ne prendra fin qu’au début du XXème siècle lorsque les occidentaux l’auront interdite après avoir colonisé le continent noir. Quant à l’empire Ottoman (ou empire Turc) bien qu’ayant signé une convention en 1890, il n’abandonnera la traite que lorsque la Grande-Bretagne lui aura coupé l’accès aux captifs en occupant l’Afrique de L’Est.

L’esclavagisme appartient fort heureusement à des mœurs d’un autre age (notons toutefois qu’il existe encore sous forme de camps de travail sous les régimes communistes, comme les laogaïs de Chine, pays avec lequel le donneur de leçons Chirac accepte toutes les compromissions pour décrocher quelques marchés à perte).

Si la pensée unique s’efforce aujourd’hui de n’évoquer que la traite des noirs d’Afrique, il faut rappeler que toutes les populations non défendues par des pouvoirs forts et organisés ont été victimes de l’esclavagisme pendant des siècles. Notamment les Européens de la part des Nord Africains pratiquant la piraterie en Méditerranée et des rapts sur les côtes italiennes et espagnoles. Le professeur Robert C. Davis estime qu’entre 1530 et 1780, il y eut presque certainement un million et peut-être bien jusqu'à un million et quart de chrétiens européens blancs asservis par les musulmans de la côte barbaresque.

Les Français n’ont pas à se frapper la poitrine du rôle que certains d’entre eux ont pu tenir dans l’esclavagisme de l’histoire du monde, mais bien plus à se féliciter d’avoir été un des pays en ayant accéléré l’extinction. Notamment par le biais de la colonisation apportant justement le pouvoir fort et protecteur qui faisait tellement défaut au continent africain ou à la péninsule indochinoise, victime elle aussi de déportations esclavagistes de la part de ses puissants voisins.

Mais M. Chirac n’en n’est pas à une injuste accusation près contre son peuple et son histoire. On attend maintenant avec impatience qu’il fasse de longues déclarations de repentir pour mettre au ban de la préhistoire le franchouillard homme de Cro-Magnon, funeste et barbare chasseur, à qui l’on doit la disparition de l’espèce protégée qu’était sans aucun doute le mammouth. Peut-être en 2010, pour les 70 ans de la découverte des grottes de Lascaux ?

Bernard Touchagues