02.11.2006

Quand M. Le Vern fait de l'anti-discrimination très discriminatoire...

Conseil Régional de Haute-Normandie - Séance plénière du 23/10/06

Intervention de politique générale

Sonia Richeton pour le groupe Front National

Monsieur le Président,

Soucieuse de l’égalité des chances entre les citoyens, la Région s’est engagée dans une démarche transversale de lutte contre les discriminations. Vous avez à cet égard, Monsieur le Président, signé une Charte en ce sens en 2005.

Le 18 octobre dernier, des moments de rencontres, d’échanges et de réflexion ont été organisés à l’Hôtel de Région, débats qui se poursuivront le 6 novembre prochain.

Qui n’a pas en effet dans son entourage, un proche victime de discrimination à cause de son origine ethnique ou sociale ? Chacun peut se sentir sensibilisé voire directement concerné.

Pour ma part, en tant que déléguée dans le département de l’Eure d’une association de lutte contre le racisme agréée par la loi, je prends ce problème très à cœur puisque je suis en contact direct avec des personnes subissant des discriminations liées à leur origine ou à leur religion. Combien de fois ne m’a-t-on pas rapporté avoir été traité de sale français ? La semaine dernière encore, le jeune Clément, lycéen, s’est fait insulter et menacer en raison de son origine.

Sachant qu’un de vos chevaux de bataille est la lutte contre les discriminations, je souhaiterais savoir si vous englobez également les cas de discrimination dont font l’objet les Français dits de souche.

En effet, un petit doute s’est installé dans mon esprit, suite à la lecture d’un article en page 4 du journal Ma Région d’octobre. Tous les exemples concrets relatifs à la discrimination se cantonnent aux problèmes que rencontrent certains publics issus de l'immigration. Je citerai par exemple la journée du 18 octobre animée par Adrien Hervais, journaliste à HDR où l’un des thèmes concernait " la ghettoisation des publics discriminés "  ou encore l’intervention que fera le 6 novembre prochain à la Région la sénatrice Bariza Khiari, une des premières femmes parlementaires issues de l’immigration.

Je sais Monsieur le Président combien vous êtes soucieux d’égalité et de transparence et je souhaiterais savoir si, au delà des problèmes de discrimination hommes/femmes, des problèmes de discrimination liés au handicap ou des problèmes de discrimination dont sont victimes les publics issus de l’immigration, vous entendez consacrer des moments d’échanges et de réflexion autour des cas de discrimination dont font l’objet les français quels qu’ils soient.

Autrement dit, ces journées des 18 octobre et 6 novembre visent-elles vraiment la lutte contre toutes les discriminations ou n’est-ce pas là une opération d’intoxication des esprits dont la seule méthodologie démontre qu’elle ne peut être que partisane ?

Il y a de quoi être inquiet lorsque l’on voit par exemple le relogement prioritaire de deux cents squatteurs de Cachan alors que deux cent mille SDF français survivent aujourd’hui dans la misère, la souffrance, le désespoir et l’indifférence générale.

Chacun est en droit de réclamer la même détermination et la même pugnacité politico-médiatique car nier les problèmes de discrimination dont est victime tout un pan de la population française ne saurait être qu’une vision discriminante de la discrimination.

Alors, comme le dit si bien Adrien Hervais, si " l’objectif est de permettre aux personnes victimes de discrimination de mettre les choses sur la table, de libérer leurs paroles et d’amener des pistes de réflexion ", je vous soumets cette question Monsieur le Président, à laquelle vous n’avez peut-être pas forcément pensé.